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Questions à Georges Seror Responsable pédagogique en Communication digitale de IIM – Construire la pédagogie du digital grâce au digital

L’IIM est la première école française de l’Internet et du Multimédia créée en 1995. Elle compte 850 anciens et regroupe près de 1000 étudiants répartis dans les axes : Web & eBusiness, Communication Digitale, Communication Visuelle, Design Interactif, Jeu Vidéo, Cinéma d’Animation. Elle possède 3 titres enregistrés au RNCP : « Chef de projet Multimédia – Niveau 2 », « Manager de la communication numérique – Niveau 1 » et « Réalisateur Numérique – Niveau 1 ».  Ces formations sont accessibles par voie classique, en alternance ou en formation continue par VAE (Valorisation des Acquis de l’Expérience). www.iim.fr

Comment construire la pédagogie du digital grâce au digital ?

« C’est une question passionnante.

En effet, le digital est partout mais les fondements de l’apprentissage restent d’actualité. Il est important d’apprendre les règles du digital bien qu’elles soient en pleine définition. Ce qui constitue un challenge à relever…

Le digital peut engendrer le terrorisme ou l’espionnage industriel mais il peut aussi conduire les individus à s’entraider en utilisant le crowd foundingLes lois d’utilisation du digital par les individus de la planète sont en pleines écriture.

Pour l’individu « consommateur » c’est d’autant plus complexe d’apprendre la digital
que personne ne le forme au média Internet. Chacun se débrouille pas à pas sur Face Book, Tweeter, Pinterest, Google ces médias sociaux qui tracent le parcours de tous. 


Les entreprises, de leur côté font appel à des professionnels de la publicité qui migrent depuis les 10 dernières années vers le digital. Les modes opératoires du digital s’échafaudent au fur et à mesure.

Les bases des grands axes constituant le monde professionnel comme le marketing, l’ingénierie commerciale, le multimédia, la publicité, l’événementiel,  la technologie conservent leurs propres méthodes à appliquer en entreprise pour former les jeunes talents du monde futur.

Souvent ces méthodes sont issues de modèles appris de la chaîne graphique, de la télé, de l’événement, de la publicité…

Bien que ces grands axes se conjuguent, sont de plus en plus complémentaires, le digital ne fait pas tout.

Les professionnels utilisent le digital mais conservent leurs spécificités. Les marketeurs, les commerciaux, les communicants, les techniciens conservent leurs expertises tout surfant grâce au Digital.

Mais comme tout converge vers le digital, il s’agit d’envisager l’enseignement du digital à des  » professionnels mutants », capables de maîtriser des savoir faire à géométrie variable, alliant connaissances des métiesr et maîtrise technique.

Aussi et à y regarder de près, le wording comme Marketing digital, Big Data ou e-commerce ne règle pas tout. Cependant, force est de constater que le digital est en train de tout gommer.

Ce qui amène les individus à croire que le digital transforme les fondamentaux de la consommation,
de l’économie, des entreprises, des compétences nécessaires à l’exercice de nouvelles professions.


La plupart des individus projetés dans ce monde virtuel suppose qu’il existe une véritable « Magie du digital ».. Une magie pouvant aider à reformater la politique, la démocratie, le marketing, la distribution, la vente… et bien sûr l’enseignement.

Hors le digital ne reste qu’un moyen de communication et de vente de produits, d’offres d’échanges et de rencontres. Le digital laisse des traces et facilite la récolte de données.
Les fameuses Datas qu’il s’agit de collecter et surtout d’interpréter.

Autant pour les entreprises que pour l’enseignement, le digital ne fait pas tout. Il ne peut aider l’enseignement qu’en lui accordant la place qu’il occupe véritablement. Une place d’outil de communication, de narration, de stockage !

Il y a vingt ans on formait avec des diapositives, des CDRom, des vidéos…
on peut aujourd’hui grâce à Internet explorer des informations, consulter des formations à distance
et se nourrir de données
 afin de parfaire ses connaissances, se former, apprendre par Internet.

Mais ça ne fait pas tout !

Ce qui amène les professionnels de l’enseignement à conserver les modes pédagogiques traditionnels
mais à employer le digital pour l’enseignement et non pas pour le digital lui-même.

En effet aujourd’hui chaque individu est digital…
et former au digital des individus digitaux c’est former des pilotes de Formule 1
qui conduiraient des bolides depuis leur plus tendre enfance.

Ce qui est le cas concernant les générations de jeunes futurs professionnels qui plus est du digital.
Cela nécessite une pédagogie fine, orientée qualités personnelles. 
Il est question chaque jour à travers les programmes pédagogiques de conduire les étudiants de l’IIM à la prise de conscience du digital par le digital et donc de les conduire à faire la différence entre l’individu consommateur et l’individu professionnel.

Le digital finalement, c’est eux-mêmes qui le créent.

Faire la différence entre la formation et le digital ou entre le fond et la forme. Faire la part des choses entre moi consommateur et moi professionnel de la consommation sur Internet.

C’est l’enjeu de l’enseignement du « Digital Word ».

Mais, on 
ne peut pas consommer de la formation comme on consomme des films ou des jeux sur InternetLa difficulté pour les experts de la pédagogie est de distinguer Internet comme support, des notions du digital à enseigner. Comme si nous, professionnels de la pédagogie devions former à la fois des médecins qui étaient également des malades.

Nous devons former des consommateurs qui sont des spécialistes de la consommation sur Internet
et qui doivent devenir des professionnels du Digital. Des consommateurs mais des professionnels dans le même temps.

Ainsi, pédagogiquement je pense qu’il est primordial de faire comprendre aux étudiants que le digital n’est qu’un outil. Certains étudiants mais également des clients faisant appels aux compétences des futurs professionnels qu’il deviennent, pensent que le digital c’est la génération spontanée.

La génération virtuelle qui va créer du sens, des rencontres, des ventes, des échanges… de fait !

Certains étudiants nous disent souvent : « On va créer une application et on va faire du Business… »

Mais les déclaration de bonnes intentions sur le Digital ne suffisent pas. Parfois, il arrive aussi que les étudiants réclament un tableau noir alors que nous leur enseignons des méthodes de multimédia.

Le digital en fait est peut être un faux ami !
Une Galaxie sans début ni fin…
Un outil qui crée des difficultés si on ne l’emploie pas sans y prêter attention.

Le digital doit être décrypté, décortiqué, analysé pour que chacun puisse s’y retrouver.
C’est ce que nous tâchons d’enseigner à ces jeunes passionnés
qui, si ils n’y prêtent pas attention peuvent se perdre dans cette Galaxie virtuelle.

Il est donc question pour nous de :
– connaître 
les fondamentaux de la communication et publicité,
– maîtriser la technologie,
– pratiquer, le marketing, la sociologie, l’ingénierie commerciale, la stratégie, le multimédia, la narration, les effets spéciaux 
le tout pour mettre au point des MOOC adaptés à la nouvelle pédagogie du digital.

Apprendre la digital par le digital…

En fait savoir ce que l’on a dire, à qui, pour obtenir quoi… comment ?
La pédagogie du digital, c’est de la communication digitale. 
On parle également de pédagogie inversée.
A savoir mettre en pratique et extraire à partir de cas concrets, la théorie des connaissances du digital.

Utiliser le digital pour enseigner le digital !
Heureusement il nous restent les doigts qui peuvent taper sur le clavier… »

Georges SEROR

http://www.iim.fr/

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